plume à la ligne

27 avril 2012

Le Montespan / Jean Teulé

montespan

 

Au temps du Roi-Soleil, avoir sa femme dans le lit du monarque était pour les nobles une source de privilèges inépuisables. Le jour où Louis XIV jeta son dévolu sur Mme de Montespan, chacun, à Versailles, félicita le mari de sa bonne fortune. C'était mal connaître Louis-Henri de Pardaillan, marquis de Montespan... Gascon fiévreux et passionnément amoureux de son épouse, Louis-Henri prit très mal la chose. Dès qu'il eut connaissance de son infortune, il orna son carosse de cornes gigantesques et entreprit une guerre impitoyable contre l'homme qui profanait une union si parfaite. Refusant les honneurs et les prébendes, indifférents aux menaces répétées, aux procès en tous genres, emprisonnements, ruine ou tentative d'assassinat, il poursuivit de sa haine l'homme le plus puissant de la planète pour tenter de récupérer sa femme...


Voilà un moment que ce petit livre traînait dans ma bibliothèque.... Avec mon bout d'choux tout neuf, il me fallait un livre qui se lise vite, et qui soit bourré d'humour. C'est ce que j'ai trouvé dans le roman de Jean Teulé.

Délicieusement cru, caustique, irrévérencieux, provocant, drôle, Teulé brosse le tableau d'une société d'apparats, d'apparences, de mensonges. Sous des vêtements hors de prix, se cachent la crasse, la laideur, la pourriture. Rien évidemment de ce qui parait dans les livres d'histoire. En dehors de ce tableau féroce, Teulé narre le combat sans fin d'un homme, qui se dresse contre le roi, simplement parce qu'il aime sa femme et refuse les arrangements matériels, même s'ils émanent de la royale personne qu'est Louis XIV. Ce sera le combat de toute une vie, une descente aux enfers, une résistance acharnée, pour reconquérir l'amour et la présence de sa femme, La Montespan. Ecrit sur un style moderne, jamais ennuyeux, riche de détails croustillants, c'est une autre façon de vivre l'histoire de France, tellement imagée qu'on imagine sans peine les décors et les personnages dans leurs détails.

Un très bon moment, comique jusque dans le drame et résolument original et atypique.

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20 mars 2012

Making Mirros / Gotye

gotye

 

Découvert sur MTV Pulse, grâce à l'excellent Somebody That I Used To Know, j'ai eu envie de découvrir un peu plus l'univers de Gotye. La bonne surprise, c'est que son album Making Mirrors est inclassable, ou plus exactement, difficile à caser dans une catégorie musicale. Entre le son pop de Somebody I Used To Know, le style reggae de State Of The Art, le côté un peu folk de In your Light, et le rythme un peu gospel de I Feel Better, Gotye vous entraine d'un style à l'autre. Surprenant, déstabilisant même à la première écoute, on s'habitue très vite, tant la voix est belle, les mélodies recherchées et travaillées. Trompettes, guitares accoustiques ou électriques, synthé, Gotye jongle avec toute une batterie d'instruments pour notre plus grand plaisir.

Un album à découvrir donc, sans restriction, pour vous laisser porter par la voix de cet artiste aux multiples facettes.

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13 mars 2012

A beautiful lie / 30 Seconds to Mars

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Voici plusieurs mois que j'entends parler à la maison de ce groupe, mais surtout de son chanteur ô combien charismatique, j'ai nommé Jared Leto. Mais si, vous le connaissez. Requiem for a dream, Alexandre, Lord of War, le beau brun aux yeux bleus "trop beaux", c'est lui. Si vous avez une ado de 14 ans à la maison, qui a des goûts musicaux un peu dehors des sentiers battus (ou à battre, tels Justin Bieber ou One Direction par exemple), il y a des chances que vous ayez entendu parler de 30 Seconds To Mars.

"Encore un acteur qui se prend pour un chanteur" me direz-vous.... C'est, évidemment, ce que j'ai dit à ma fille, lorsqu'elle a découvert ce groupe sur MTV Pulse et qu'elle a complètement craqué pour eux (oui, surtout pour Jared Leto et ses yeux bleux trop beaux). Donc, me posant en tant qu'adulte vachement plus au fait de ce qui est écoutable ou de ce qui ne l'est pas, je fais la blasée, genre "ouais, j'en ai vu d'autres"... Mais bon, comme je suis une maman super sympa et ouverte, du moins, j'essaie de l'être, j'offre l'album Beautiful Lie à ma fille, parce que je suis donc sympa, et que je l'aime ma fille.

Ce que je n'avais pas prévu, c'est qu'à force de l'entendre tourner, et à la maison, et à la télé, je me suis surprise à fredonner certains morceaux dudit groupe... En cachette, bien sûr... Jusqu'au jour où, forcément, je me suis fait surprendre par l'ado qui n'a pu retenir un sourire victorieux et plein de "je le savais que tu craquerais", un brin moqueur quoi. Alors, comme je suis toujours sympa et ouverte, et que ma fille mérite bien que je fasse un effort pour elle, elle qui a subi des années de Depeche Mode, Pink FLoyd et autres groupes de "vieux", je lui emprunte son album de 30 Seconds To Mars, et je l'écoute... En entier... Et là, sincèrement, bonne surprise. Je l'avoue, je l'admets, je le reconnais... Avec des morceaux qui sortent du lot tels A beautiful lie, Was it a dream, The Story, The kill où Jared Leto prouve qu'il a une voix, et qu'il sait la pousser, sans hurler non plus. Les guitares et les basses sont bien présentes aussi, passant du rock à des intros tout en douceur. Tout n'est pas à mon goût, bien sûr, mais il n'y a rien à jeter, et 30 Seconds To Mars mérite tout à fait son titre de groupe de rock, et pas un groupe pour midinettes. Au delà du côté beau gosse de Jared Leto, il faut lui reconnaître un talent de chanteur, en plus de celui d'acteur, et même de réalisateur, puisqu'il réalise lui même certains clips du groupe.

Alors, merci ma Jo. Tu peux être fière de toi !

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27 février 2012

La lignée - La chute - La nuit éternelle / Guillermo Del Toro - Chuck Hogan

lignée    chute  nuit éternelle

 

Là aussi, j'ai fait le choix de vous présenter l'ensemble de la trilogie, plutôt que tome par tome. Mais pour commencer, le début :

Depuis son atterrissage à l'aéroport JFK à New York, un avion en provenance de Berlin ne répond plus à la tour de contrôle. Le spectacle qu'Ephraïm et son équipe d'épidémiologistes découvrent à bord à de quoi glacer le sang : tous les passagers sauf quatre sont morts, en apparence paisiblement. Ont-ils été victimes d'un attentat au gaz ? D'une bactérie foudroyante ? Lorsque, le soir même, deux cents cadavres disparaissent des morgues de la ville, Ephraïm comprend qu'une menace sans précédent place sur New York. Lui et un petit groupe décident de s'organiser. Pas seulement pour sauver leurs proches. C'est la survie de l'humanité entière qui est en jeu...

Voici le résumé du tome 1... Le décor est posé, angoissant à souhait, et, je vous rassure, ça ne va pas en s'améliorant. Ecrit à quatre mains, cette trilogie revisite le mythe du vampire sur un mode beaucoup plus sombre mais aussi le décripte de manière presque chirurgicale, notamment dans le premier tome. Guillermo Del Toro, l'un des auteurs, est tout de même le réalisateur de films tels que Mimic, Blade II... Et avoue être un passioné de monstres. De monstres donc, il en est bien question dans cette trilogie. Oubliez le mythe du vampire romantique, voire mièvre comme dans Twilight. Dans cette trilogie, les vampires sont mauvais, méchants, moches. De vrais parasites !!! Et ils ne vous donneront pas du tout envie d'être éventuellement transformé, comme ça a pu m'arriver en regardant (des dizaines de fois, je l'avoue) le Dracula de Francis F. Coppola avec un Gary Oldman carrément transcendant. Mais stop, je m'éloigne du sujet ! Dans le tome 1, l'infection s'étend peu à peu (et vous comprendrez pourquoi je parle d'infection), et passé les moments d'incrédulité, les héros humains vont avoir fort à faire pour lutter contre l'épidémie et contre celui qui la contrôle, appelé en toute simplicité "Le Maître". Le tome 2 s'intéresse plus à l'origine du mal, remontant à la nuit des temps, tandis que la terre sombre peu à peu dans le chaos et que le plan du Maître prend peu à peu forme, malgré l'acharnement au combat des humains. Inutile de vous cacher que les pertes sont lourdes, que l'espoir n'a guère de place mais que le suspens est intact, peut être plus intense que dans le tome 1 qui insiste surtout sur le côté biologique du vampirisme. Le tome 3 enfin... Les humains sont dans une situation désespérée mais le combat continue. Ce dernier opus insiste sur l'urgence du quitte ou double pour l'humanité et les vampires. L'un devra disparaître pour la survie de l'autre. La part de mythologie vampirique est toujours présente, et l'origine des vampires ainsi présenté est plutôt surprenant. Pas de temps mort, aucun répit pour les humains restant et un final grandiose, je ne vous en dit pas plus.

C'est une oeuvre très originale, qui vous entraîne vite dans un univers glauque et noir. On retrouve quelques classiques du vampirisme comme le mode de transmission par la morsure, la lumière du jour mais il n'existe plus aucune humanité dans les monstres de G. Del Toro et C. Hogan. Leurs vampires se nourrissent et obéissent aveuglément à leur maître, c'est tout. Leur but est clair, asservir la race humaine. Un film (ou trois ?) est en préparation, et il est vrai qu'une fois que vous avez commencé cette trilogie, vous la vivez comme un film. Descriptions très précises, action incessante, suspens, tous les ingrédients sont réunis pour vivre cette sensation.

Voilà, bonne semaine et surtout, bonne lecture à tous !

 

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20 février 2012

Les sentiers de la perdition / Max Allan Collins - Richard Piers Rayner

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Si le titre de cet ouvrage vous parle, rien d'étonnant, vous avez peut être vu le film sorti en 2003, avec Tom Hanks, Paul Newman et Jude Law.

Lorsque L'Homme me l'a prêté (mais si, vous connaissez L'Homme, le Monsieur BD du blog de Miss Alfie : croqlivres.canalblog.com) j'avais quelques souvenirs du sujet...

Les sentiers de la perdition vous entraîne dans l'Amérique des années 30, en pleine Prohibition, aux côtés de Michael O'Sullivan, autrement nommé l'Ange de la mort. Surnom dû notamment à son activité quelque peu particulière et radicale au sein de la mafia. Mais il s'agit surtout de l'histoire de la vengeance implacable d'un homme, trahi de la façon la plus horrible possible, et qui n'aura de cesse de faire payer les responsables. A ses côtés, son fils, qui fait ainsi un apprentissage de la vie que l'on ne souhaite à aucun enfant. Même si l'amour entre le père et le fils est indiscutable et que l'on sent la volonté sans faille de l'Ange de la mort de mettre son fils à l'abri à tout prix.

On croise dans cette BD des noms célèbres comme celui du plus célèbre bandit du Chicago des années 30, Al Capone, et de son ennemi juré Elliot Ness. Les expressions, les regards des personnages, figés par l'image de la BD, sont bluffants d'expression, et le climat oppressant, l'urgence de la situation est renforcée par l'utilisation seule du noir et blanc. Aucun fard n'est ainsi mis à la violence des images, et les armes parlent beaucoup ! Mais il est difficile de ne pas s'attacher à Michael O'Sullivan et à son fils, difficile de ne pas les soutenir dans leur vengeance, de ne pas y trouver une certaine légitimité.

Une fois de plus, une belle oeuvre, que l'oeil aiguisé de L'Homme n'a pas manqué, et qu'il n'a pas hésité à partager avec moi, qui suis totalement novice !!! Et, qu'à mon tour, je vous conseille vivement. Vous trouverez sans nul doute possible un billet sur ce même livre sur le blog de mon amie Miss Alfie (je vous remet l'adresse, on ne sait jamais : croqlivres.canalblog.com), en espérant que l'un comme l'autre vous donneront envie de suivre ces Sentiers...

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16 février 2012

Le chant de la Belgariade / David Eddings

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Que de couvertures pour commencer cet article !! J'ai décidé de ne pas vous donner mon avis sur chaque tome de cette saga, mais sur l'ensemble du Chant de la Belgariade, dans lequel je suis plongée depuis début janvier ! J'ai découvert l'univers de l'heroic fantasy avec le très célèbre Elric de M. Moorcock, que tout fan se doit de connaître. Passionnée par cet univers, j'ai lu ensuite D. Gemmell, Robin Hobb et son fameux Assassin Royal et d'autres encore dont l'excellent Brent Weeks et sa trilogie qui débute par La voie de l'ombre que j'ai littéralement dévoré. Puis j'ai un peu abandonné ce style littéraire, pour mieux y revenir ! Il y a quelque temps, un ami m'a donné des cartons complets de livres d'Heroic Fantasy, et, parmi tous ces romans, ceux de David Eddings, qu'il m'a conseillé par rapport à d'autres. Je ne connaissais pas du tout cet auteur, vénérable monsieur de 80 ans maintenant et la découverte fut plutôt sympa.

Pourtant, le chant de la Belgariade ne date pas d'hier, mais de 1982 mais le style est résolument moderne. Tout au long de ces 5 tomes, nous suivons les aventures d'un jeune homme, Garion, promis à une grande destinée (forcément !), et de ses compagnons qui le rejoignent au fur et à mesure des tomes. L'équipe rappellera un peu les jeux de rôle style Donjons et Dragons de par ses personnages : sorciers, guerriers, chevaliers, marchands/voleurs etc... Garion fait son apprentissage et des révélations lui sont faites au fur et à mesure que nous avançons dans l'histoire, révélations qui l'amène à jouer un rôle qu'il ne soupçonnait pas lors du tome 4 pour finir par affronter son destin dans le tome 5. Un destin sous le signe de l'affrontement avec une force supérieure pour contrer une Prophétie qui engage l'avenir du monde. Magie, périples à travers de nombreuses contrées (toutes sorties de l'imaginaire de D. Eddings), hauts faits d'arme, trahisons, tous les bons ingrédients sont réunis pour une bonne saga, qui se lit facilement, sans ennui et sans temps mort. L'amour est présent lui aussi, mais sans mièvrerie et sans être le sentiment dominant.

Je reprocherais toutefois aux aventures de Garion de manquer de profondeur, comme si D. Eddings avait voulu se contenter du minimum, et d'avoir des expressions très modernes, pas forcément compatibles avec le monde de l'heroic fantasy. J'avais été très impressionnée par le côté torturé et sombre du héros de Brent Weeks dans la trilogie que je cite plus haut, et j'imagine que je pensais les retrouver dans le Chant de la Belgariade. Je dirais donc que cette oeuvre de D. Eddings est idéale pour qui veut faire connaissance avec le monde de la Fantasy, avant de passer à d'autres auteurs, plus pointus. Et qu'ils passeront sans aucun doute de très bons moments avec Garion et ses compagnons !

Bonne fin de semaine à tous !

 

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08 février 2012

"Choc des civilisations"

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A moins de vivre reclu, sans télévision, radio ou journaux, vous n'avez pas pu échapper à la polémique qui dure depuis samedi dernier, polémique lancée par notre Ministre de l'Intérieur, M.Guéant, sur la différence de valeur des civilisations... Beaucoup de choses ont été dites depuis, écrites, publiées etc... De l'indignation au soutien inconditionnel, toutes les palettes de réactions ont été utilisées.

Alors pourquoi écrire à nouveau sur ce sujet ? Peut être parce que le sondage de M6, dans lequel 48% de téléspectateurs ne trouvaient pas choquant les propos de M. Guéant m'a fait bondir. Peut être parce que le racisme et la xénophobie sont de plus en plus banalisés. Peut être aussi parce que ça me touche de près...

Je m'explique... Je suis métisse, mère française, père tunisien, et, évidemment, je n'ai rien pris de ma mère (qui a les cheveux châtains clairs et les yeux bleus...). Non, j'ai tout pris du côté tunisien, cheveux noirs, frisés, yeux bruns et teint mat. Alors, le racisme, je connais. Que ce soit à travers une fonctionnaire zélée qui me regarde avec des yeux étonnés lorsque je donne mon prénom et nom de famille (nom de famille bien français, l'histoire est trop longue à raconter...) et me le fait répéter, avec demande de ma carte d'identité (française, je précise), des fois que je mente, que je cherche à frauder, ou je ne sais quoi ou que ce même nom de famille ne va pas du tout avec mon physique. Que ce soit à travers les remarques débiles sur le port du voile par exemple :"ah ben forcément, toi, t'es pour le port du voile"etc... On a même été jusqu'à me cracher au visage au collège en me traitant de "sale arabe" (oui, c'est très original comme insulte). Bref, je ne veux pas vous faire la (longue ?) liste de ce que j'ai pu connaître, vous allez zapper. Et ce n'est pas vraiment le sujet.

Ce qui me met en colère, c'est l'assimilation de tout un peuple à des pratiques souvent isolées. C'est de se dire que la civilisation "blanche" (oui, il s'agit bien de ça, n'en doutez pas) est supérieure aux autres. Doit-on rappeler que c'est au nom de cette même supériorité que cette civilisation blanche a massacré d'autres civilisations ? Demandez aux descendants Incas, Aztèques, Mayas s'ils se sentent inférieurs aux Espagnols. A-t-on déjà oublié que la colonisation, c'est à dire ni plus ni moins que l'occupation d'un territoire qui n'est pas le sien est le fait de la civilisation européenne ? Dites moi où est la supériorité dans ces pratiques ? Et, si l'on veut remonter beaucoup plus loin, la civilisation égyptienne (désolée, je suis fan, donc j'était obligée de la placer), elle a quand même rayonné pendant plusieurs siècle sur le monde méditerranéen ! Et, de ce que je sais, ils n'étaient pas vraiment blonds aux yeux bleus avec le teint pâle (ça l'aurait foutu mal avec le climat...). Ramener la civilisation arabe et africaine au port de la burka, à la soi disant soumission des femmes, aux tam-tam et tous ces clichés, c'est comme dire que les Allemands sont tous des nazis en puissance, que les Français sont tous des bouffeurs de grenouilles, que les Portugaises sont poilues, que les Italiens sont tous beaux parleurs, etc... C'est réducteur, c'est malsain, c'est humiliant. Toutes les civilisations ont apporté leurs connaissances, leur savoir, leurs traditions à l'histoire de l'humanité. Si la civilisation arabe n'avait pas existé, ce cher M.Guéant ne pourrait pas publier ses chiffres de sans-papiers expulsés dont il est si fier (ah ben oui, désolée, mais les chiffres sont d'origine arabe !). Les mathématiques, la médecine doivent beaucoup à la civilisation arabe, pour ne citer qu'elle.

Alors, hier, lorsque j'ai vu l'ensemble de la classe politique quitter l'Assemblée Nationale suite au discours de M.Letchimy, jouant les vierges outragées parce que ce député a osé faire le lien entre les propos de M.Guéant et la doctrine nazie qui a conduit aux camps de concentration, j'ai ri "jaune". Pour deux choses : la première, c'est exactement ce qu'attendait l'UMP pour se poser en victime de la gauche, en martyr de la comparaison déraisonnée et déraisonnable. M.Guéant savait pertinnement que ces paroles allaient soulever un tollé monstre (ou alors il est encore beaucoup moins intelligent que je ne pensais...), il savait que la comparaison avec des doctrines nauséabondes allait être faite. Et bien sûr, ça n'a pas loupé. Comme l'a si bien dit M. Bayrou, il faut ramener le terme "instruire" en France, dans les écoles mais aussi dans la classe politique. La deuxième, c'est qu'il ne faut pas oublier que, lorsqu'une civilisation avait décidé de s'imposer à une autre, elle a commencé par la considérer comme inférieure, comme n'ayant pas les mêmes valeurs. Ce n'était qu'un premier pas. Et depuis les débuts de l'histoire, c'est le même schéma. "Je te suis supérieur, donc sois tu me suis, tu fais comme moi, sois je te massacre". Un peu réducteur certes, mais la finalité est là.

Voilà, ce n'est qu'un article de plus sur cette polémique, sur ces propos dont la droite dite "populaire" est si friande... Hier, un ami m'a demandé si je me sentais heureuse d'appartenir à la civilisation supérieure (humour, attention), et je lui ai répondu que mon métissage me faisait appartenir pour moitié à la civilisation inférieure, et pour moitié à la civilisation supérieure !! Alors, zut, que suis-je ? Les deux s'annulant, j'aurais tendance à dire que je suis normale, ni supérieure, ni inférieure. Et que surtout, après des années de révolte et de déni, je suis fière de mes racines franco-tunisienne. Oui d'abord, parce que moi, en été, je bronze, je ne rougis pas !! Et toc... Un peu d'humour pour finir ce "petit" billet :)

Bonne journée à tous.

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02 février 2012

La mort dans l'âme / Sylvain Ricard et Isaac Wens

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Comment évoquer la mort sans tomber dans le pathos ni le cliché ? Comment parler de cet "évènement" qui reste finalement LA grande inconnue.

La mort dans l'âme raconte les derniers jours de M. Vanadris, atteint d'un cancer en phase terminale et de son fils, Cyril, confronté à la maladie de son père, et à l'inéductabilité de sa mort. M. Vanadris est admis en centre de soins palliatifs, et l'on peut se demander si l'acceptation d'intégrer un tel endroit n'est pas déjà un pas vers l'acceptation de sa propre fin. D'ailleurs, ni M. Vanadris ni son fils ne se font d'illusion sur l'issue de ce séjour.

Et puis se pose la question, celle de la façon, du choix de fin de vie. Du prêtre au médecin, chacun donne son avis sur l'euthanasie. Entre le don de la vie par Dieu, l'impossibilité de décider à SA place du moment de mourir, l'action des centres de soins palliatifs pour adoucir au maximum les derniers jours de ses occupants, le malade se demande pourquoi finalement il n'est pas propriétaire de sa vie. Et s'il a le droit de demander à son fils de faire le nécessaire... Ce même fils qui se partage entre la vie représentée par son amie et le besoin de partager les derniers instants de son père.

Le style est sobre, épuré, net. Pas de fioriture, pas d'arrangement ni de mensonge. Ce qui en fait un livre que je qualifierais de vrai, presque chirurgical dans sa précision. La réalité dans toute son objectivité. On n'en ressort pas triste, ni abattu, ni déprimé mais plutôt pensif.

Vous pouvez trouver un autre avis sur cette BD sur le blog de mon amie Miss Alfie Croqueuse de livre (http://croqlivres.canalblog.com) puisque c'est Tof, the Alfie's mec qui m'a prêté cette BD et qui rédige sur ce même blog les critiques BD. C'est grâce à lui et à ses nombreux prêts que ma culture BD commence à prendre une certaine dimension, qui n'a par contre rien à voir avec la sienne !!!

 

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25 janvier 2012

Cinquième chronique du règne de Nicolas 1er / Patrick Rimbaud

chronique

 

Ils arrivaient en foule devant les grilles du Château qui tremblaient sous leurs coups. Il y avait des vieux, des jeunes, des hommes et des femmes, des employés, des paysans, des professeurs, des lycéens, des juges, des médecins, des précaires, des furieux, des chômeurs, des indignés et des fatigués. Sa Majesté demanda ce qu'ils criaient. Le cardinal de Guéant, qui avait l'oreille fine, lui répondit :"Ils crient : Dégagez, Sire ! ".

On peut me taxer d'antisarkozysme primaire, je le reconnais volontiers, et le vis même plutôt bien. Alors, forcément, l'oeuvre de Patrick Rimbaud ne pouvait que me plaire. Non pas qu'il verse lui aussi dans un antisarkozysme primaire, pas du tout, mais ses chroniques sur le mandat de N. Sarkozy sont tout simplement réjouissantes. Chaque chronique correspond à une année du mandat présidentiel. Elles sont toutes présentées sur le même modèle, à savoir celui d'un règne et non pas d'une présidence, et N. Sarkozy a droit à toutes sortes de titres tous plus ironiques les uns que les autres, le faisant passer pour un roi, un empereur. Mais sans en avoir ni le charisme, ni la carrure.

J'ai donc choisi de vous parler de la dernière chronique sortie, les quatre précédentes étant du même modèle.

Patrick Rimbaud y relate tous les faits réels de cinq année de sarkozysme, des vacances d'été avec G.W Bush ou sur le yacht de Bolloré, en passant par la visite de Kadhafi à Paris, le "casse toi pauvre con", jusqu'à cette dernière chronique où il est question de la gestion de la crise, de la réforme des retraites, de l'affaire DSK.... Aucun protagoniste n'est épargné, chaque membre du gouvernement, de l'entourage du Président, et même les adversaires politiques ont leur titre de noblesse. Du Duc de Sablé pour Fillon, Duc de Valenciennes pour Borloo, Duc de Chantilly pour Woerth, M. De Washington pour Strauss-Kahn ou le Prince de Beauvau M. d'Hortefouille (oui, vous avez reconnu Brice d'Hortefeux) etc...

Le tout est très bien écrit, dans un style recherché (bon, il ne faut pas oublier que P. Rimbaud est membre de l'Académie Goncourt !!) mais sans être ennuyeux un instant ! L'ironie est présente dans chaque tournure de phrase, mordante, cruelle mais sonnant terriblement juste. P. Rimbaud passe au crible chaque action, chaque faux pas, chaque parole de N. Sarkozy sans aucune concession. Pour exemple : Notre Verbeux Leader tonnait le lundi contre une finance qu'il dépensait le mardi à des futilités..... Les faits divers des gazettes, sur quoi il aimait à se modeler, lui apportaient sa moisson quotidienne de mesures à prendre sans réfléchir, des larmoiements faciles, des discours sans suite..... Ou encore : Le Prince changeait souvent d'opinion car il n'en possédait point en propre....

Vous l'aurez donc compris, ces chroniques ne sont pas à mettre entre toutes les mains mais chaque lecteur de ses mêmes chroniques est un lecteur averti. Pour ne citer qu'elle, je ne pense pas que Nadine Morano soit fan de ces oeuvres ! On peut noter la dernière phrase de cette cinquième chronique, qui résume à elle seule toute l'envie et l'espoir de l'auteur : A suivre une dernière fois, espérons le.
Oserais-je dire que je l'espère aussi ?


 

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16 janvier 2012

Pico Bogue / Dominique Roques et Alexis Dormal

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Après la tragique nouvelle de la perte du triple A français, auquel personne ne s'attendait et qui a gâché le week end de tant de gens (oui oui, je fais de l'ironie), un peu de légèreté avec une triple BD qui mérite largement un 20/20 en note !

Pico et sa petite soeur Ana Ana ont l'art et la manière d'énoncer des vérités qui laissent parfois leurs parents et les autres adultes sans voix. Les mots d'enfants font mouche, la logique est implacable avec une touche d'ironie qui n'est jamais méchante. Le tout avec une tendresse désarmante. Un BD pour enfant ? Pas seulement. Le premier tome a été offert à ma fille, et je ne sais laquelle des deux s'est le plus régalé. Et les deux autres tomes ont suivi dans la foulée, accros que nous sommes devenues.

N'étant pas douée pour juger le graphisme, je ne m'aventurerai pas sur ce terrain. Tout juste vous dirais-je que ça m'a rappelé un peu celui du Petit Nicolas et de Sempé donc. Que j'avais adoré enfant (bon, ok, je l'avoue, encore maintenant).

Allez, en cadeau, un extrait de cette BD, qui vous fera sourire, voire rire franchement et qui vous fera espérer parfois que vos enfants n'aient pas toujours la même répartie que ces deux là !

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Voilà, ça vous donne une petite idée ? Et bien, c'est comme ça dans trois exemplaires ! Non, non, quatre exemplaires puisque le tome 4 vient de sortir et que je vais m'empresser, bien sûr, d'aller acheter dans THE boutique of BD, à Besançon.

Bonne semaine à tous et à très vite !!!

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