ciel orange

 

Dans le Moscou consumériste des années 90, Matveï Matveev, chef d'entreprise heureux en amour, propriétaire d'un luxueux appartement et d'une automobile dernier cri, suscite bien des convoitises. Les apparences, pourtant, sont trompeuses. Financièrement aux abois, Matveï emprunte de l'argent à un politicien véreux et à son associé. Peu de temps après, il disparaît. Décidée à retrouver son époux, la belle et raffinée Marina engage le capitaine de police Plombov qui, en vieux roublard, va démêler les ficelles des jalousies exacerbées et de la vengeance facile.


Lorsque la Team VL (équipe Vendredi Lecture... Mais si vous connaissez !) a proposé ce livre, non réclamé par un gagnant étourdi, c'est poussée par la curiosité que je me suis proposée. Je n'avais jamais lu de polar russe, et la Russie est un pays que je connais peu, en dehors de son histoire politique. Et puis bon, le 4è de couv était alléchant.

Le style d'Andreï Rubanov est particulier. Il alterne de longues plages sans dialogue, faisant l'historique de ses personnages et de ce Moscou qui se met à l'heure capitaliste. Et ce n'est nullement ennuyeux, bien au contraire. Avec un petit côté philosophe, réaliste, lucide à l'extrême. L'intrigue est intimement mêlée au décor, les protagonistes n'étant plus seulement des personnages fictifs mais des êtres réels, vivants. L'auteur arrive tout en douceur au dénouement final, sans donner le moindre indice, vous laissant espérer puis douter et à nouveau espérer. Une chose est sûre, Andreï Rubanov ne fait de publicité ni pour la Russie, ni pour Moscou et son mode de vie.

J'ai vraiment apprécié ce livre, bien que le style m'ait un peu dérouté au départ. On rentre vite dans l'histoire, et on imagine sans peine le décor. Une bonne surprise donc. Merci Vendredi Lecture !!